Les anglicismes dans une situation où le français est minoritaire sont très importants. On doit essayer de les éliminer le plus possible pour conserver notre langue. Donc, on a trois types en fait d’anglicismes. On a les mots qui viennent tout simplement de l’anglais, si on prend l’exemple de « j’ai catché » pour « j’ai compris ce que tu veux dire ». On a aussi les mots qui sont une traduction directe du français et de l’anglais. Une expression qui est fréquente c’est « fais sûr » de faire telle chose. « Fais sûr » qui vient de make sure. En français, on devrait dire « assure-toi » ou « sois sûr » et on a aussi les mots qui sont similaires en français et en anglais mais qui n’ont pas le même sens. Un exemple est le mot « faillir ». « Faillir » veut dire « presque » en français, donc on peut dire « j’ai failli tomber » (« j’ai presque tombé »). Mais quand on dit « j’ai failli mon examen », là c’est un anglicisme. En français, on devrait dire « j’ai échoué à mon examen », donc dans la présente partie, ce qu’on va voir, c’est : quels sont les trucs pour éliminer ces anglicismes? Et même y a-t-il des ouvrages qui peuvent vous aider à les éliminer?
Vivre en milieu bilingue (français et anglais) fait en sorte que vous avez beaucoup plus de probabilités d’utiliser des mots anglais, des traductions directes ou calques, des faux amis (mots semblables en français et en anglais, mais qui n’ont pas le même sens).
Le site Visez juste en français vous aidera à reconnaître ces mots pour pouvoir les éviter. Un petit pas important pour la conservation du français.
Vous éviterez d’écrire ou de dire, par exemple, le mot académique dans ce contexte :
« Voulez-vous que je vous envoie votre dossier académique? »
Vous pourriez modifier cette phrase ainsi :
« Voulez-vous que je vous envoie votre dossier scolaire? »
Évitez également cette phrase : « Je vais écrire mon examen la semaine prochaine. »
Vous la modifierez pour : « Je vais faire ou passer mon examen la semaine prochaine. »
Évitez également cette phrase : « Il a failli son examen. »
Vous pourriez la modifier ainsi : « Il a échoué à son examen. »
Écoutez cette première étudiante donner son point de vue (général) sur l’utilisation des anglicismes. Cette deuxième étudiante définit le mot « anglicismes ».
« Tout le monde en fait ici, puis, c’est certain vu qu’on est tout près du Québec et de l’Ontario, donc les langues sont un petit peu mélangées. Même ici dans nos cours, même les professeurs utilisent souvent des anglicismes et tout. Les élèves comprennent, mais la langue française a tellement de beaux mots pour les utiliser, donc il faudra en profiter. »
Effectivement, le fait que le français et l’anglais se côtoient entraine des échanges dans les deux langues. Toutefois, comme l’anglais est la langue majoritaire, le français compte plus d’anglicismes que l’anglais ne compte de gallicismes. Les gallicismes sont les mots français que les anglophones utilisent.
De plus, l’étudiante nous fait remarquer que même les professeures et professeurs utilisent des anglicismes. Ce n’est pas qu’une question de scolarité. Il faut porter une attention particulière aux anglicismes quand on vit dans des régions où le français est en situation minoritaire.
M.-J. Bourget
Prof. de français

« Un anglicisme, je pense que ça peut être plusieurs choses. Ça peut être l’usage d’un mot anglais dans une phrase, mais aussi (et) j’en fais beaucoup, c’est utiliser des structures de phrases tirées de l’anglais dans la langue française. »
Effectivement, un anglicisme est, entre autres, un mot qui vient de l’anglais. Comme le mentionne l’étudiante, un anglicisme, c’est aussi calquer les structures de phrases anglaises. Cela est beaucoup plus difficile à détecter et à corriger. Par exemple, de dire « J’ai cherché pour mes livres » est un calque de l’anglais. On devrait dire « J’ai cherché mes livres » sans la préposition « pour ».
M.-J. Bourget
Prof. de français

Selon nous, les trois meilleurs ouvrages de référence traitant des anglicismes sont le Vocabulaide, le Multidictionnaire de la langue française ainsi que le Colpron. Voici une brève description de chacun :

Le Multidictionnaire de la langue française publiée aux éditions Québec Amérique et dont l’auteure est Marie-Éva de Villers est un dictionnaire très utile. Vous le trouverez en version papier ou électronique. En plus de répertorier les mots français, il indique pour certains mots très utilisés en français au Québec particulièrement, mais aussi ailleurs où on parle français au Canada, les formes fautives. Si on prend le mot retourner, on trouvera d’abord la définition de ce mot et à la fin, voici ce qui est indiqué à la page 1546 de la 7e édition :
FORME FAUTIVE
*retourner (un appel téléphonique). Calque de l’anglais « to return a call » au sens de rappeler.
Comme indiqué en page couverture, dans cet ouvrage, on retrouve :
C’est un ouvrage de référence indispensable.

Quant au Vocabulaide, voici ce que l’auteur Pierre Cardinal et sa collaboratrice Marie-Paule Chartand mentionnent au sujet de ce manuel :
« Ouvrage essentiel pour ceux qui veulent soigner et enrichir leur français écrit, Le VocabulAIDE permet de trouver et de repérer les anglicismes et les emplois influencés par l’anglais dans le lexique quotidien. Ce guide de référence aide à acquérir un vocabulaire approfondi et de le rapprocher de l’usage général du français. Tous les mots et expressions sont présentés avec l’exemple d’une phrase authentique tirée des principaux journaux du pays, le mot anglais qui porte l’influence, des remarques et notes explicatives au sujet de l’emprunt et les équivalents en français général. »
Si l’on cherche toujours le mot retourner, on trouvera trois citations où il est employé sous retourner un appel. On indique clairement qu’il est un calque de l’anglais to return a call. De plus, on donne 4 façons de le remplacer et on mentionne que Faire un retour d’appel est également calqué sur l’anglais To make a return call.

Pour ce qui est du Colpron de la maison d’édition Beauchemin dont les auteures sont Constance Forest et Denise Boudreau, c’est un dictionnaire d’anglicismes qui se consulte vraiment comme un dictionnaire. Si on croit qu’un mot est un anglicisme, on le cherche dans cet ouvrage. Si c’est le cas, on le trouvera et on aura la forme à utiliser en français. Par exemple, si on cherche toujours le mot retourner, voici ce que l’on trouvera à la page 298 de la 4e édition :
Retourner
Exemples de formes et d’emplois fautifs
Je lui retourne son appel.
Je retourne ton appel.
Formes correctes
Je lui rends son appel.
Je te rappelle.
Comme l’indique la maison d’éditions dans sa publicité, « Le Colpron s’adresse à toute personne désireuse d’améliorer son français écrit et parlé et demeure un outil de référence précieux et indispensable. [C’est un] ouvrage simple, aéré et de consultation facile. » Le seul commentaire négatif que nous pourrions faire pour ce dernier ouvrage, c’est que la dernière édition remonte à 1996. Conséquemment, d’autres anglicismes sont présents dans notre français parlé ou écrit et ne figurent pas dans cet ouvrage.