Ces expressions et mots (« ben, pis, faque, genre »), on les entend partout, tout le temps! Soyez assurés que cette façon de s’exprimer est tout à fait correcte lorsque l’on est entre amis. Cependant, lorsqu’on fait une présentation devant un public ou au moment de passer une entrevue, on doit porter une attention particulière au choix des mots et éviter les anglicismes.
M.-J. Bourget
Prof. de français

On ne devrait pas parler de la même façon en situation soutenue qu’en situation familière. Parlez-vous de la même façon avec vos amis que lorsque vous faites une entrevue?
Dans cette section, on vous présentera des mots et expressions que l’on entend souvent en Ontario français. De plus, vous pourrez écouter les petits mots et expressions que les gens disent dans une situation familière (avec des amies et amis). Puis, on vous proposera des façons d’adapter ces mots dans une situation soutenue (à l’Université, en réunion ou avec une personne inconnue).
Voici un aperçu des petits mots ou des expressions qu’on entend souvent entre amies et amis. Nous recommandons de les éviter lorsque vous vous adressez à quelqu’un en situation officielle. Écoutez comment quelques employés, étudiantes et étudiants prononcent ces petits mots ou expressions en français. Puis, lisez les rétroactions de la professeure de français.
Le français est une affaire intéressante de travailler à l’Université d’Ottawa, c’est qu’il y a une très grande communauté francophone, pis* c’est surprenant parce que c’est pas quelque chose que tu vois souvent à Ottawa, pis* j’sais pas pourquoi il y a beaucoup de monde qui parle français ici, fait que ça m’aide beaucoup parce que dans notre domaine on parle surtout anglais, fait que c’est pour ça que c’est très intéressant. Ça donne la chance de pratiquer beaucoup.
La personne qui parle fait très bien passer son message. Toutefois, quelques éléments pourraient être enlevés ou modifiés en situation soutenue. « Ben » pourrait être remplacé par « alors ». Alors, le français… plutôt que « Ben », « el » français. De même, « faque » pourrait devenir « ensuite ». « Pis » pourrait être substitué par « puis » ou même « et ».
M.-J. Bourget
Prof. de français

Le français, ben* on est fier de tça*.
En Ontario et au Québec, on prononce souvent ça « tça ». En fait, c’est comme si on prononçait deux fois la préposition « de ». Plutôt que de dire « On est fier de tça », il faudrait dire « On est fier de ça » si notre objectif est d’avoir un registre de langue soutenu dans une communication verbale officielle.
M.-J. Bourget
Prof. de français

Parce que je pense que si j’irais* maintenant à une école en anglais ben* je pourrais perdre mon français pis* ce n’est pas une chose que j’aimerais perdre.
Vous rappelez-vous d’avoir appris « les si n’aiment pas les rais ». Ici, on a entendu « Si j’irais à l’école ». Particulièrement en situation soutenue, il faut dire ou même écrire « Si j’allais à l’école… »
M.-J. Bourget
Prof. de français

Toute contraction de je vais ou vraiment les genre, style, comme, vraiment tout ce que tu utilises souvent en conversation avec tes amis.
En fait, c’est tout à fait vrai. Il faut essayer d’éliminer ou de changer les petits mots comme « genre », « style », « comme ». On peut les corriger en utilisant « et », « et puis », « alors », « donc ».
M.-J. Bourget
Prof. de français

Définitivement, ah pour sûr*! Définitivement, c’est la certitude, sans hésitation.
Lorsque vous parlez, faites attention au mot « définitivement » qui veut dire « pour toujours ». On ne peut normalement pas répondre à une question par « définitivement ». On devrait plutôt dire « assurément », « effectivement ». D’ailleurs, l’expression « pour sûr » est aussi un anglicisme qui vient de « for sure » et qui pourrait être remplacé par « assurément ».
M.-J. Bourget
Prof. de français

Au niveau politique peut être un aspect politique ou d’un point de vue politique.
Cette étudiante a raison. On ne peut pas utiliser l’expression « au niveau » avec politique. La politique ne représente pas une échelle. On peut donc dire « d’un aspect politique » ou « d’un point de vue politique ». Vous utilisez bien le mot « niveau » si vous dites « au niveau universitaire » parce qu’il y a le niveau primaire, le niveau secondaire, le niveau collégial. On parle d’une échelle d’instruction.
M.-J. Bourget
Prof. de français

Ça m’arrive, mais ça vient plus naturellement en anglais, comme professeur quelque chose. Le professeur un tel, ce n’est pas, je ne dis pas ça de nature. C’est quelque chose, c’est la société qui me dit de dire ça.
Cet étudiant a bien raison de trouver que cela lui vient plus naturellement en anglais de dire « professeur » et le nom de famille de quelqu’un. Au Canada français, c’est effectivement « monsieur » ou « madame » que l’on devrait utiliser. On doit également réserver l’expression « docteur » pour les médecins, dentistes ou vétérinaires et non pour les personnes qui ont un doctorat comme les anglophones le font. Pour ce qui est de « maître », cette expression est réservée aux avocates et aux avocats.
M.-J. Bourget
Prof. de français

Comme moi je suis en business, ça me prend de bien maîtriser l’anglais, so* comment dire, c’est la raison pour laquelle j’aimerais bien parler en anglais, et sinon ça me fait plaisir de parler en anglais.
Lorsque l’on parle français dans des régions où cette langue est en situation minoritaire, il est très facile d’utiliser les mots de l’anglais comme c’est le cas ici. La personne utilise « so » sans s’en rendre compte. On pourrait utiliser « alors » pour le remplacer.
M.-J. Bourget
Prof. de français
