Certaines prononciations sont retrouvées particulièrement au Canada. Entre autres, le pronom elle peut être prononcé de quatre façons : è, al, a ou el.
Par exemple :

On entend aussi d’autres phénomènes plutôt présents au Canada français qu’ailleurs dans la Francophonie.
Par exemple :
Écoutez quelques autres de ces phénomènes. Ailleurs dans la Francophonie, on pourrait ne pas vous comprendre si vous les utilisez.
Pour illustrer quelques-uns de ces phénomènes oraux canadiens, écoutez des extraits d’une discussion entre deux collègues de travail. Marc et Caroline parlent de photographie et de cinéma.
Profitez-en aussi pour écouter les leçons de la professeure de français sur la façon d’améliorer la prononciation de ces mots en situation soutenue.
Dans cet extrait, on entend jusse (au lieu
de juste) et des fois (au lieu de parfois).
« Ben, comme sujet, c’est pas mal n’importe quoi. Moi, j’aime jusse trainer la caméra avec moé. Des fois c’est l’architecture, des fois c’est la nature. Ça dépend de la d’la journée. »
Jusse
Prononcez juste et non jusse.
« Au Canada français, il arrive souvent de ne pas prononcer le t final du mot juste. Rappelez-vous qu’en situation soutenue, vous devriez bien le prononcer juste et non jusse. »
Des fois
Des fois relève du registre familier. Dites parfois.
« Si vous êtes en train de faire une présentation ou que vous enseignez, utilisez plutôt parfois que des fois qui relève du registre familier. »
Dans cet extrait, on entend le plus que (au lieu de
le plus) et ouain (au lieu de oui).
Caroline : « Comme j’ai dit tantôt, j’aime beaucoup me rapprocher du sujet. Faique, le plus que je peux zoomer, le plus que je peux voir de détails. Je cherche aussi des mégapixels pour que la photo soit claire, qu’a puisse être grande, qu’a puisse être élargie, qu’on puisse voir encore beaucoup de détails. »
Marc : « Ouain, c’est quelque chose que je cherche pour aussi. »
Le plus que
Utilisez le plus sans le que.
« Dans cet extrait, vous pouvez aussi entendre le plus que*. Cette forme devrait être remplacée par le plus sans le que. Le Dictionnaire québécois français de Lionel Meney relève cette forme du français qu’il appelle populaire, mais que nous, nous classons familière. »
Ouain
Remplacez ouain* par oui!
« Ouain est aussi une façon de prononcer du registre familier que vous devriez remplacer par oui en registre soutenu. »
Dans cet extrait, on entend ça va t’être
(au lieu de ça va être).
« C’est le sensor qu’y enregistre l’information. So si tu… une caméra de … je sais pas… 5 mégapixels, pis un bon image capture dedans la machine, ça va t’être pas mal mieux. »
Ca va t’être
Attention aux fausses liaisons! Dites ça va être et non ça va t’être*.
Le verbe aller ne prend pas de t à la 3e personne singulier de l’indicatif présent. Il s’écrit v-a. Par conséquent, vous devriez dire Ça va être et non Ça va t être. On appelle ce phénomène « fausse liaison ». Il arrive aussi d’entendre Cent z enfants. Il n’y a pas de s à cent quand il n’est pas multiplié. Attention donc à ces fausses liaisons!
Dans cet extrait, on entend y (au lieu de ils).
« Là, astheure les caméras y ont du hd dedans, tu peux faire des p’tits films avec ça. Ya pas mal toute. Ouais, ça dépend d’la marque. »
Ils prononcé y
Vous devriez dire i z ont et non y ont.
Lorsque vous parlez, vous avez le droit de laisser tomber le l des pronoms il singulier ou ils pluriel. Toutefois, vous devez faire la liaison si le mot qui suit commence par une voyelle. En registre soutenu, vous devriez dire i z ont et non y ont.
Dans cet extrait, on entend le tu générique
(au lieu de on, nous ou vous), piasse (au lieu de
dollars) et batterie (au lieu de piles).
« Tu veux pas nécessairement payer 60 ou 70 piasses pour une batterie. Uhm… pis combien d’temps est-ce que ça reste chargé parce que tu peux pas partir en voyage pis te retrouver avec juste 5 heures de vie de ta batterie. »
Tu générique
Devant un groupe, employez les pronoms on ou même nous et vous et non tu.
Si vous parlez à tout un groupe ou si vous faites référence à n’importe qui, vous ne devriez pas utiliser le pronom tu que l’on appelle tu générique. Ici, l’interlocutrice veut bien indiquer que n’importe qui dans cette situation ne devrait pas trop payer. Dans ces cas, en situation soutenue, employez les pronoms on ou même nous et vous.
Piasse
Utilisez le mot dollars au lieu de piasse.
La prononciation familière piasse vient du mot vieilli piastre qui signifie « dollar ». Optez pour dollars en situation soutenue.
Batterie
Le mot batterie existe, mais s’il a le sens d’un instrument de musique. Utilisez plutôt pile.
Le mot batterie est un anglicisme pour pile. Souvenez-vous-en! Cependant, le mot batterie existe en français s’il a le sens d’un instrument de musique ou d’une pièce automobile.
Dans cet extrait, on entend faut sans il (au lieu de
il faut) et n’importé où (au lieu de n’importoù).
Marc : « Faut que tu soé capable d’acheter n’importe quoi. »
Caro : « Tu peux pas nécessairement ploguer ça n’importé où les caméras, les chargeurs… »
Marc : « Pas si tu veux que ta caméra explode! »
Faut sans il
En situation soutenue, prononcez au moins i faut.
En Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick, nous éliminons souvent le pronom il impersonnel avec certains verbes quand nous parlons. C’est le cas lorsqu’il est utilisé avec le verbe falloir. Ici, l’interlocuteur a dit faut pour il faut. En situation soutenue, prononcez au moins i faut.
N’importé où
Si vous faites une présentation, prononcez bien n’importoù et non, n’importé où ou n’importe où.
La prononciation n’importé où est une prononciation familière pour n’importe où. Dans l’extrait, on entend aussi n’importe où. Si vous faites une présentation, prononcez bien n’importoù et non, n’importé où ou n’importe où.
Dans cet extrait, on entend youque (au lieu de
où) et sont sans ils (au lieu de ils sont).
« Une scène en particulier… c’est… un point youque … le couple est en train de… sont dans leur voiture, un beau petit paysage en France pis sont en train de voyager hors de la ville…En dehors d’la ville. »
Youque
C’est où que vous devriez utiliser à l’université et non ousque ou youque.
En Ontario et au Québec, on peut entendre le pronom relatif où prononcé youque. En situation soutenue, vous devriez remplacer cette prononciation familière par où tout simplement. Peut-être prononcez-vous ousque, mais de toute façon, c’est où que vous devriez utiliser à l’université.
Sont sans ils
Quand vous parlez, rappelez-vous d’utiliser au moins i avec le verbe être : i sont allés et non sont allés.
Peut-être vous arrive-t-il aussi de dire sont allés, sont venus. Rappelez-vous d’utiliser au moins i avec le verbe être : i sont allés, i sont venus. Le l, même en situation soutenue, tend à disparaître dans toute la francophonie. Vous ne devriez pas laisser tomber le pronom ils pluriel en entier. Vous pouvez dire i sont allés, i sont venus, mais pas sont allés ni sont venus.
Dans cet extrait, on entend pis (au lieu de
puis) et ça l’a (au lieu de ça a).
« Pis, y a du traffic, pis ça crie le criard pis tout que c’est, c’est un long « pan » avec la caméra. ça crie, ça crie, ça crie pis ça l’arrête pas pis c’est comme une minute ou deux… »
Pis
La prononciation pis doit être remplacée par puis.
Rappelez-vous que la prononciation pis doit être remplacée par puis. Nous qualifions cette prononciation de familière et non de populaire comme certains grammairiens le font. Par contre, vous pourriez aussi utiliser et puis, ensuite, par la suite en situation soutenue.
Ça l’a
Dites ça a plutôt que ça l’a.
La prononciation familière ça l’a est attestée dans le Dictionnaire québécois français de Lionel Meney. En français soutenu, vous devriez laisser tomber ce l de même que lorsque vous écrivez : la façon standard est ça a et non ça l’a.
Dans cet extrait, on entend achalant (au lieu de embarrassant).
« Pis, tu voé qu’c’t’un accident. Pis là tu t’sens, ben, tu feeles pas bien là. Ah tu dois pas t’être… C’est jusse que c’est achalant. »
Achalant
Remplacez le québécisme achalant par embarrassant en registre soutenu.
Madame Marie-Eva de Villers dans le Multidictionnaire de la langue française indique que l’adjectif achalant est un québécisme de registre familier. Vous pourriez remplacer ce mot par embarrassant en registre soutenu.